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Repenser son allocation d'actifs à l’ère des mégatendances - BNY Mellon Investment Management -

Le 25/11/19 à 17h50
La meilleure opportunité est rarement la plus évidente. Pour les investisseurs pris dans le tourbillon du changement perpétuel, faire le bon choix peut s’avérer difficile. Il convient de composer avec les défis qu’engendrent les mégatendances séculaires, comme l’intelligence artificielle (IA), nouvel atout technologique susceptible de perturber tous les secteurs et l’inquiétude sociétale croissante au sujet du réchauffement climatique, qui devrait transformer l’écosystème des marchés financiers actuels.

Une étude commissionnée par BNY Mellon Investment Management et rédigée par Amin Rajan de CREATE-Research, met en lumière l’évolution des risques et des opportunités d’investissement, conduisant les gestionnaires et les allocataires d’actifs à faire évoluer leurs processus et leurs propositions hors du cadre traditionnel pour préparer l’avenir. « Investir aujourd’hui, c’est à la fois faire face à des changements passionnants et à de nouvelles incertitudes » estime Anne-Laure Frischlander-Jacobson, Directrice Générale France, Belgique & Luxembourg chez BNY Mellon Investment Management. « L’intelligence artificielle et le changement climatique sont deux tendances omniprésentes qui modifient le paysage de l’investissement : les sociétés dans lesquelles nous investissons, les facteurs influençant les valorisations, les classifications traditionnelles jusqu’à la gestion des risques et les gammes de produits disponibles qui en résultent ».

Que l’on considère l’intelligence artificielle comme une opportunité ou comme un risque, elle fait partie de la vie quotidienne et sa progression n’est qu’une question de temps.

BNY

L’essor de l’IA crée quatre défis spécifiques en matière d’investissement. Premièrement, les cycles de vie des entreprises sont appelés à raccourcir à mesure que l'intelligence artificielle fera le tri entre les vainqueurs et les perdants, comme en témoigne l'impact des premières versions de l'iPhone sur Nokia en 2007. Deuxièmement, les limites sectorielles deviendront plus floues dès lors que l'IA est occupée à remodeler des gammes de produits entières, à l'image de Tesla, qui jongle entre plusieurs secteurs, avec les problèmes de valorisation que cela peut poser. Troisièmement, la relocalisation des activités manufacturières entraînera une révision à la baisse des perspectives des économies émergentes, à l'heure où l'impression 3D déplace les centres névralgiques des chaînes d'approvisionnement mondiales. Finalement, l’IA augmentera les immobilisations incorporelles des entreprises dans des proportions qu'il est difficile d'évaluer à des fins de valorisation des actifs, comme ce fut le cas pour Apple, dont les immobilisations incorporelles ont récemment fluctué bien au-delà de sa solidité financière.

Changement climatique, une science inexacte

Toutes les personnes interrogées s’accordent à dire que l'investissement ESG a l’air simple, mais qu’il ne l’est pas. 57% des répondants voient le changement climatique à la fois comme un risque et comme une opportunité et 36% comme un risque seulement. Les chiffres reflètent clairement des divergences de conviction quant au fait de savoir si les marchés intègrent actuellement les risques climatiques dans les valorisations ou s’ils sont susceptibles de le faire dans un avenir proche. Le changement climatique implique deux séries de défis : au sens large aussi bien qu’au niveau des investissements. La première série de défis souligne le manque d’un modèle sûr, avec des définitions cohérentes et des ensembles de données fiables, qui rend actuellement toute modélisation statistique solide des portefeuilles d'investissement impossible. Elle souligne également les défis que constitue la création d’un lien direct entre le changement climatique et les performances d'investissement au vu de la multitude de risques impliqués. Enfin, elle met en exergue le fait que la technologie des énergies renouvelables n’a pas encore progressé suffisamment au niveau mondial pour réduire significativement la dépendance aux combustibles fossiles avant 2025 au plus tôt.

En revanche, les défis spécifiques aux investissements se concentrent sur des domaines pas ou peu connus qui nécessitent d'effectuer des paris sur l'avenir. Les progrès actuels en matière de tarification du carbone, mesure prévue par l’Accord de Paris, sont d'une telle lenteur qu'ils laissent les investisseurs perplexes par rapport au moment où une intervention draconienne des pouvoirs publics s'avèrera inévitable. Deuxièmement, dans ce cas, les investisseurs doivent également deviner ce qu'il adviendra des « stranded assets », par exemple le charbon et le pétrole enfouis dans le sol, et l’immobilier côtier, qui est exposé à la montée du niveau des eaux. Ils pourraient subir des moins-values significatives avant la fin de leur vie économique anticipée. Citons notamment 1 100 milliards de tonnes de réserves avérées de charbon dans le monde, ce qui correspond à 150 années de production au rythme actuel. Les investisseurs doivent choisir s’ils atténuent leurs risques d’investissement maintenant, ou si c’est la génération Y qui le fera plus tard avec des coûts potentiellement supérieurs. Enfin, le niveau d’engagement auprès des émetteurs de carbone est plus difficile pour les investisseurs obligataires que leurs homologues axés sur le segment actions. Ces investisseurs sont des prêteurs de capital, pas des détenteurs d’actions. Ils disposent de peu d'opportunités de s’engager auprès d'entreprises en exerçant leur droit de vote ou en assistant aux assemblées générales.

Comment les investisseurs tirent-ils parti des mégatendances ?

L'allocation d’actifs a commencé à se transformer parallèlement à l'arrivée d’innovations. La plupart d’entre elles étaient déjà présentes avant la crise Lehman en 2008 mais leur adoption à grande échelle s’est accélérée après celle-ci, à l'heure où la diversification traditionnelle fondée sur les classes d'actifs a échoué, quand on en avait le plus besoin.

Deux évolutions se démarquent : le passage des stratégies actives à des stratégies passives et de marchés publics à des marchés privés. Elles sont toutes deux symptomatiques de la réincarnation du vieux modèle « coeur-satellite ».

Dans celui-ci, les stratégies passives relèveront leur part d'actifs « core » tandis que les stratégies actives se concentreront sur les satellites qui dominent les marchés inefficients ou illiquides. Les investisseurs interrogés dans le cadre de notre étude anticipent toutefois que la réussite des stratégies actives pourrait s’inverser en fonction de la poursuite ou non du dénouement par les banques centrales de leur assouplissement quantitatif au cours des trois prochaines années.

D’un point de vue historique, aussi bien les stratégies actives que passives ont connu des périodes de sous-performance, pour mieux rebondir lorsque le cycle s’inverse. Les stratégies passives ont connu une traversée du désert dans les années 2000 alors que la majorité des gérants actifs affichaient des surperformances. Mais le vent a tourné en leur faveur au cours de cette décennie, alors que les mesures de relance des banques centrales gonflaient artificiellement les marchés d’actions et les déconnectaient de leurs moteurs de valeur sous-jacents.

La séparation de l’alpha et du bêta est structurelle, surtout parce que les frais sont devenus l’élément qui guide le secteur de la gestion d’actifs. Comme le yin et le yang dans la philosophie chinoise, les deux styles sont diamétralement opposés, mais restent interdépendants.

Des marchés privés appelés à prospérer ?

À mesure que la recherche de performance absolue non corrélée s'intensifiait après la crise, le passage à des actifs alternatifs s’est accéléré après 2010 dans les sept plus grands marchés de fonds de pension: passant de 15% en 2007 à 25% en 2017, d’après l’étude de 2018 de Willis Towers Watson sur les actifs des fonds de pension au niveau mondial. L’allocation des participants à notre étude oscille actuellement entre 19% et 31% en fonction du profil de maturité de leurs passifs. Ceux qui ont des horizons à plus court terme ont réalisé des allocations plus faibles. Les allocations vont probablement augmenter au cours des prochaines années afin de créer un portefeuille plus solide.

Afin d’exploiter les primes de risque de l’IA, ils investiront dans des « bâtiments intelligents » qui combinent intelligence artificielle et énergies renouvelables. Ils investiront également dans la dette privée pour soutenir les jeunes start-ups. Enfin, ils continueront de compter sur le private equity pour tirer parti de la restructuration des entreprises induite par l’IA. Ils estiment en effet que la valeur de l'investissement en actions passe aujourd'hui par des financements d’amorçage ou des marchés privés, mais pas des marchés publics. Du côté du changement climatique, ils continueront d’appliquer des filtres ESG à l’infrastructure, la dette privée, le private equity et l’immobilier, en visant une prime d'illiquidité annuelle oscillant entre 2% et 5%.

Globalement, les nouvelles allocations du futur et le rééquilibrage des portefeuilles privilégieront les marchés privés au détriment des marchés publics.

Retrouvez l’intégralité du rapport « Futur 2024 » sur https://www.bnymellonim.com/outlook/

Réservé exclusivement aux clients professionnels.

Sauf indication contraire, les avis et opinions exprimés dans le présent document sont ceux de la personne interviewée. Ceci ne constitue pas de la recherche d’investissement ou une recommendation de recherche au sens réglementaire.

Pour plus d’informations, merci de visiter notre site Internet BNY Mellon Investment Management.

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